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Les ateliers d’écriture on été créés, inventés, par Élisabeth Bing, en 1969. Elle avait obtenu un poste de professeur de français dans une école pour enfants caractériels, à Dieulefit. Expérience dont elle a tiré un livre en 1976.
Depuis cette démarche s'est construite, structurée, théorisée, autour d'un travail désormais adressé aux adultes.

Photo © Emmanuel Bing 2002

 

FILIATION

Pour répondre à la question qui est parfois posée, Élisabeth Bing est ma mère, et ma pratique de l'atelier se situe dans la continuité de son invention, en me tenant aujourd'hui éloigné des déviations dont cette invention a été l'objet, ainsi que des dérives pénibles auxquelles il nous a fallu assister lorsqu'elle a pris sa retraite.

Je raconte dans mon livre Le manuscrit de la mère morte la façon dont ce passage s'est déroulé. Je ne tiens pas en haute estime ces gens sans éthique.

Concernant l'atelier et l'invention de ma mère, il ne s'agit nullement pour moi de répéter un enseignement figé dans une théorie dont l'ossature trop rigide nous contraindrait à l'assèchement le plus total, comme cela a lieu ailleurs, mais bien de travailler à la création artistique et littéraire en atelier, cela se soutenant d'une démarche qu'Élisabeth Bing a initiée et dont jour après jour nous engageons la pratique, en construisant par ailleurs, au cours des conférences et séminaires, un environnement théorique en constante évolution.

EB

 

Comment amener les enfants à plus de liberté que le carcan de la scolarité classique, dont ils avaient, pour la plupart, été exclus ? Il existait dans l’institution un certain nombre d’ateliers, des ateliers de poterie, de menuiserie, de peinture etc., offerts à titre d’activités de création aux pensionnaires. C’est en prenant exemple sur cette forme de travail, qui excluait l’évaluation notée, le jugement de valeur, que furent créés les premiers ateliers d’écriture.
Il fallait rendre aux enfants le plaisir d’écrire, parfois brisé d’un coup d’encre rouge dans une marge, un "mal dit" comme un mal pensé, aboutissant le plus souvent à un mal-être.
Les enfants furent lancés dans leurs écritures. Récits, poèmes, calligrammes. Tout cela était nouveau à l’époque. Pas de notes, pas de jugement. Mais des paragraphes entiers de conseils, et des temps de travail sur l’écriture. Ce fut d’ailleurs une remarque qui lui fut faite : " tu nous fait travailler comme des écrivains… " Et, de fait, c’était bien de cela qu’il s’agissait. Au rencard, l’exercice.
Le fait de passer à un réel travail d’écriture, s’il était étonnant pour les enfants, était aussi tout à fait valorisant. Un livre relate cette expérience, "...Et je nageai jusqu'à la page."
Ces conditions de la naissance des ateliers d’écriture expliquent, au moins en partie, la force du travail, et la puissance maintenant longuement éprouvée de la démarche. Intérêt du contenu et valorisation du travail, l’absence de jugement négatif venant conforter une attitude et un désir de production initié par la motivation, a contrario de la correction destructrice du stylo rouge dans la marge scolaire.
Plusieurs colloques et publications ont eu lieu depuis, qui ont permis des phases de théorisation de la démarche.
Loin des dévoiements divers, scolaires, universitaires ou thérapeutiques qu’a pu inspirer cette démarche, si j’en poursuis la recherche et le travail, c’est bien dans cet esprit de création pionnière qui l’animait. C’est aussi du côté de la filiation et de la transmission que cela a pour moi quelque poids.

 

Emmanuel Bing

Emmanuel Bing au Colloque de Cerisy sur les Ateliers d'écriture, en 1983.

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Atelier d'écriture Emmanuel Bing.